Défense du littoral et des îles
Bâti pour garder l’embouchure de la Charente, la rade de l’île d’Aix et l’arsenal de Rochefort, il venait renforcer le système de défense édifié le long du littoral et sur les îles de la Charente-Maritime. L’aventure de la construction, décidée par Napoléon, s’étale sur 30 années, dont 20 pour les seules fondations…
Une prouesse technique incontestable… mais inutile
L’entreprise est difficile : entre les tempêtes, qui ruinent les murs inachevés, les chavirages d’embarcations qui transportent les pierres, et les attaques anglaises, les travaux ont bien du mal à avancer et ne se termineront qu’en 1859.
Napoléon n’en verra d’ailleurs pas l’achèvement, même quand il quittera l’Ile d’Aix pour l’exil. Mais les progrès de l’artillerie, plus rapides que ceux de la construction, le rendirent inutile aussitôt achevé. Il aura coûté l’équivalent actuel de plus de deux cent millions d’euros. Il est la fierté de l’époque, à tel point qu’une maquette est présentée à l’exposition universelle de 1867.
Une reconnaissance médiatique
Fort Boyard servit de prison avant d’être déclassé en 1913. Abandonné par l’armée, il est mis en vente en 1961 pour 7500 francs de l’époque. Seuls deux acquéreurs se présentent. L’acheteur n’aura semble-t-il ni les moyens ni le temps d’entretenir sa nouvelle propriété.
Le cinéma va utiliser le lieu à plusieurs reprises. Mais c’est finalement la télévision qui va sauver Fort Boyard. Propriété du Conseil Général de la Charente-Maritime depuis 1989, il connaît une carrière médiatique nationale et internationale, depuis la première diffusion en 1990 de l’émission de télévision "Fort Boyard".